La Banque du Canada a réduit son taux directeur six fois entre juin 2024 et janvier 2025, le faisant passer de 5 % à 3 %. Les acheteurs d’Ottawa qui ont attendu pendant la période de taux élevés en espérant un répit l’ont obtenu. Mais les taux hypothécaires fixes – le type que choisissent la plupart des Canadiens – n’ont pas baissé autant, loin de là. Et à l’approche de 2026, la question que se posent tous les acheteurs est la même qu’il y a un an : devrais-je attendre que les taux baissent encore avant d’acheter ?
La réponse honnête est la même que nous donnons à nos clients depuis des années. Mais le paysage des taux à l’approche de 2026 comporte quelques nouvelles subtilités qu’il vaut la peine de comprendre avant de prendre cette décision.
Les acheteurs d’Ottawa nous posent constamment la question des taux, à toutes les étapes du processus d’achat. Voici une explication claire du fonctionnement réel des taux hypothécaires au Canada, de leur évolution en 2024-2025 et de ce à quoi vous devriez raisonnablement vous attendre en 2026.
Comment fonctionnent réellement les taux hypothécaires au Canada
Au Canada, les taux hypothécaires fixes sont établis en fonction du rendement des obligations du gouvernement du Canada, plus précisément de l’obligation à 5 ans. Les prêteurs ajoutent un écart à ce rendement obligataire pour fixer leurs taux hypothécaires fixes affichés.
Lorsque la Banque du Canada (BdC) réduit son taux du financement à un jour, cela a une incidence directe sur :
- Le taux préférentiel, auquel les prêts hypothécaires à taux variable sont liés
- Les marges de crédit hypothécaires (MCH)
- Les coûts de financement à court terme
Les taux fixes réagissent indirectement – par l’intermédiaire des attentes du marché obligataire quant à l’inflation et à la croissance économique futures. C’est pourquoi six baisses de la BdC en 2024 n’ont pas entraîné six baisses équivalentes des taux hypothécaires fixes. Les investisseurs obligataires surveillaient les risques inflationnistes, en particulier ceux liés à l’incertitude commerciale entre le Canada et les États-Unis, et ont maintenu les rendements élevés. Résultat : au début de 2025, les meilleurs taux fixes de 5 ans offerts aux acheteurs d’Ottawa se situaient entre 4,5 et 5,0 %, encore bien au-dessus des normes d’avant la pandémie de 2,5 à 3,5 %.
Il est essentiel de comprendre ce décalage entre le taux de la BdC et votre taux hypothécaire fixe. Ils sont liés, mais ce n’est pas la même chose.
Ce que les baisses de taux de 2024 ont réellement apporté aux acheteurs d’Ottawa
Les six baisses de la BdC depuis le sommet ont procuré un allègement réel et mesurable – mais pas de façon égale pour tous les types de prêts hypothécaires.
Les emprunteurs à taux variable ont vu leurs paiements mensuels diminuer à chaque baisse. Pour un prêt hypothécaire à taux variable de 500 000 $, le passage du sommet de 5 % au taux directeur de 3 % s’est traduit par une réduction des paiements d’environ 700 $ à 800 $ par mois – un allègement important pour quiconque a choisi le taux variable et a tenu bon pendant tout le cycle.
Les emprunteurs qui ont une marge de crédit hypothécaire ont vu le coût d’emprunt de leurs marges existantes baisser au même rythme que le taux préférentiel, ce qui a facilité l’accès à l’avoir propre foncier pour des rénovations, des placements et du financement relais.
Les seuils du test de résistance ont changé. En vertu du test de résistance hypothécaire du Canada, les emprunteurs doivent être admissibles à leur taux contractuel majoré de 2 %. À mesure que les taux contractuels ont baissé, le seuil d’admissibilité a baissé lui aussi – ce qui a permis à certains acheteurs qui avaient été exclus du marché d’y revenir.
La confiance des acheteurs est revenue. Les baisses de taux indiquent que le cycle de resserrement est terminé. Ce signal à lui seul a incité les acheteurs qui attendaient en retrait à revenir sur le marché, ce qui a contribué à l’absorption de l’inventaire que nous avons observée à la fin de 2024 et en 2025.
Où s’en vont les taux d’intérêt au Canada en 2026 ?
La BdC aborde 2026 après avoir mené à terme un cycle complet d’assouplissement, de 5 % à une fourchette normalisée. La question est maintenant de savoir si d’autres baisses s’en viennent ou si les taux ont atteint leur plancher.
Le facteur qui complique les choses est la politique commerciale entre le Canada et les États-Unis. Les pressions tarifaires entre le Canada et les États-Unis créent une tension délicate pour la BdC : les droits de douane sont inflationnistes (la hausse du coût des importations fait monter les prix), ce qui milite contre des baisses de taux, tandis que le ralentissement économique qu’ils provoquent milite en leur faveur. Cette tension devrait inciter la BdC à la prudence en 2026, toute nouvelle baisse dépendant fortement de l’évolution des conditions commerciales.
Pour les acheteurs d’Ottawa, voici le portrait réaliste à l’approche de 2026 :
| Type de taux | Sommet de 2023 | Début de 2025 | Perspectives 2026 |
|---|---|---|---|
| Taux directeur de la BdC | 5,00 % | 3,00 % | 2,50-3,00 % |
| Taux fixe de 5 ans (meilleur offert) | 5,50-6,00 % | 4,50-5,00 % | 4,00-4,75 % |
| Taux variable (taux préférentiel - escompte) | 6,50-7,00 % | 4,50-5,00 % | 4,00-4,75 % |
Pour que les taux fixes baissent encore de façon significative, il faut que les rendements obligataires diminuent, ce qui exige soit des attentes d’inflation plus faibles, soit une croissance plus lente. Les deux sont possibles en 2026, mais ni l’un ni l’autre n’est garanti. L’époque des prêts hypothécaires à taux fixe de moins de 3 % ne reviendra dans aucun scénario réaliste à court terme.
Les acheteurs d’Ottawa devraient-ils attendre que les taux baissent encore ?
Attendre que les taux baissent avant d’acheter n’est presque jamais la bonne stratégie pour les acheteurs d’Ottawa, et 2026 ne fait pas exception. Voici pourquoi.
La baisse des taux fait monter les prix. Lorsque la BdC réduit ses taux, l’amélioration de l’abordabilité profite simultanément à tous les acheteurs du marché. La demande augmente, et comme l’offre est relativement limitée à Ottawa, les prix s’ajustent à la hausse. L’acheteur qui a attendu la baisse de taux constate souvent que le paiement mensuel plus bas s’accompagne d’un prix d’achat plus élevé.
Les coûts structurels d’Ottawa ne diminuent pas. Le coût des terrains, les redevances d’aménagement, la main-d’œuvre de la construction et les matériaux continuent d’augmenter. La nouvelle offre reste limitée. La main-d’œuvre fédérale crée une demande de fond stable que d’autres villes canadiennes n’ont pas. Il n’existe aucun scénario réaliste dans lequel le prix des maisons à Ottawa baisserait de façon importante sur un horizon de plusieurs années tant que ces fondamentaux tiennent.
Vous pouvez refinancer ; vous ne pouvez pas acheter hier. Si les taux baissent encore après votre achat, vous pouvez refinancer au prochain terme de votre prêt hypothécaire. Vous ne pouvez pas revenir en arrière et acheter au prix d’aujourd’hui si vous attendez et que le marché bouge. Nous avons vu des acheteurs d’Ottawa perdre de 50 000 $ à 100 000 $ en appréciation sur 12 à 18 mois en attendant un contexte de taux qu’ils croyaient imminent.
Le meilleur taux est celui qui vous permet d’acheter la bonne propriété. Chercher le creux du cycle des taux pendant que le marché bouge autour de vous est une stratégie qui a échoué à maintes reprises pour les acheteurs d’Ottawa au cours de la dernière décennie. La préparation financière – mise de fonds, fonds d’urgence, revenu stable – compte davantage que le contexte des taux au moment de l’achat.
Ce que les acheteurs d’Ottawa devraient faire dès maintenant
Plutôt que d’essayer de prévoir le cycle des taux, concentrez-vous sur ce que vous pouvez réellement contrôler.
Faites appel à un courtier hypothécaire, et pas seulement à votre banque. Les courtiers ont accès à plusieurs prêteurs et peuvent trouver des taux et des modalités que les représentants d’une seule banque ne peuvent pas offrir. Sur un prêt hypothécaire de 600 000 $, un écart de taux de 0,25 % est important sur un terme de 5 ans – cela vaut la peine d’en discuter.
Réfléchissez bien à la durée du terme. Si l’on s’attend à ce que les taux glissent à la baisse au cours de 2026, bloquer un taux fixe de 5 ans aujourd’hui signifie renoncer aux avantages de nouvelles baisses jusqu’au renouvellement. Un taux fixe de 3 ans ou un prêt hypothécaire à taux variable vous donne plus de souplesse pour profiter des taux plus bas à mesure qu’ils se concrétisent. La bonne réponse dépend de votre tolérance au risque et de votre situation financière.
Prévoyez une marge de manœuvre pour vos paiements. Quel que soit le prêt hypothécaire auquel vous êtes admissible, assurez-vous de pouvoir effectuer confortablement vos paiements à un taux supérieur de 1 à 2 % à votre taux actuel. La vie et les conditions du marché changent. L’historique des taux à Ottawa au cours des cinq dernières années illustre on ne peut plus clairement l’importance d’une marge de manœuvre.
Mettez d’abord de l’ordre dans l’ensemble de votre situation financière. Mise de fonds, frais de clôture (y compris les droits de cession immobilière de l’Ontario), fonds d’urgence – tout cela doit être en place avant que la discussion sur les taux devienne pertinente. Nous travaillons avec les acheteurs tôt dans ce processus pour éviter toute surprise lorsque la bonne propriété se présente.
Foire aux questions sur les taux d’intérêt au Canada et les prêts hypothécaires à Ottawa
Q : Les taux hypothécaires au Canada baisseront-ils en 2026 ?
R : De légères baisses supplémentaires des taux hypothécaires fixes sont possibles en 2026, les taux fixes de 5 ans pouvant glisser dans une fourchette de 4,0 à 4,5 %. Toutefois, de nouvelles baisses dépendent d’une inflation qui reste maîtrisée et de conditions économiques suffisamment affaiblies pour inciter la BdC à agir de nouveau. L’incertitude commerciale entre le Canada et les États-Unis est la principale variable qui pourrait empêcher la Banque du Canada de réduire davantage ses taux. Des taux fixes de moins de 3 % ne constituent pas un scénario réaliste pour 2026.
Q : Quel est le taux d’intérêt de la Banque du Canada en ce moment ?
R : La Banque du Canada a réduit son taux directeur six fois entre juin 2024 et janvier 2025, le faisant passer de 5 % à 3 %. L’orientation des futures baisses dépendra des données sur l’inflation et des conditions commerciales entre le Canada et les États-Unis. Pour connaître le taux le plus récent de la BdC, consultez bankofcanada.ca.
Q : Devrais-je choisir un prêt hypothécaire à taux fixe ou à taux variable à Ottawa en 2026 ?
R : Le bon type de prêt hypothécaire dépend de votre situation financière et de votre tolérance au risque, et non d’une réponse unique qui s’appliquerait à tout le monde. Le taux variable est logique si vous pouvez tolérer des fluctuations de paiement et voulez profiter d’éventuelles baisses futures de la BdC. Le taux fixe est logique si vous tenez à la certitude de vos paiements et voulez bloquer les taux d’aujourd’hui avant que des pressions inflationnistes ne les fassent monter. Un courtier hypothécaire qui travaille avec plusieurs prêteurs peut modéliser les deux scénarios selon vos chiffres.
Q : Qu’est-ce que le test de résistance hypothécaire au Canada ?
R : Le test de résistance hypothécaire du Canada exige que tous les emprunteurs, assurés ou non, soient admissibles au plus élevé des deux taux suivants : leur taux contractuel majoré de 2 %, ou le taux minimal réglementaire (actuellement 5,25 %). Le test de résistance vise à s’assurer que les emprunteurs peuvent gérer leurs paiements hypothécaires si les taux augmentent après l’achat. Comme les taux contractuels ont baissé par rapport aux sommets de 2023, le seuil d’admissibilité a changé, ce qui permet à davantage d’acheteurs d’être admissibles à des prêts hypothécaires plus importants.
Q : Quel est l’effet des droits de douane américains sur les taux hypothécaires canadiens ?
R : Les droits de douane américains sur les produits canadiens créent une pression inflationniste – la hausse du coût des importations fait monter les prix à la consommation –, ce qui limite la marge de manœuvre de la Banque du Canada pour réduire davantage ses taux. En même temps, les droits de douane ralentissent la croissance économique, ce qui crée une pression en faveur de baisses. Cette tension devrait rendre la BdC prudente tout au long de 2026, ce qui se traduirait par des baisses de taux moins nombreuses et moins importantes que ce que les marchés obligataires pourraient autrement anticiper. Pour les acheteurs d’Ottawa, cela signifie que les taux fixes ne devraient pas chuter fortement à court terme.
Q : Combien un prêt hypothécaire à taux variable a-t-il fait économiser aux acheteurs d’Ottawa depuis 2024 ?
R : Un emprunteur ayant un prêt hypothécaire à taux variable de 500 000 $ au sommet du taux directeur de 5 % en 2023 aurait vu son taux effectif baisser à environ 3 % d’ici janvier 2025. Cette réduction s’est traduite par des paiements inférieurs d’environ 700 $ à 800 $ par mois – soit environ 8 400 $ à 9 600 $ par année. Les emprunteurs à taux variable qui ont tenu bon pendant tout le cycle ont profité pleinement de l’assouplissement de la BdC. Les emprunteurs à taux fixe qui renouvellent en 2025-2026 passent de taux historiquement bas au contexte de taux actuel.
Le contexte des taux en 2026 est nettement meilleur qu’en 2023 pour les acheteurs d’Ottawa, et il devrait s’améliorer légèrement au cours de l’année. Mais il ne reviendra pas à celui de 2020. Les acheteurs qui attendent ce moment attendent quelque chose qui ne viendra pas.
Si vous essayez de comprendre ce que les taux actuels signifient pour votre pouvoir d’achat à Ottawa, nous serons heureux de passer les chiffres en revue avec vous. Communiquez avec notre équipe.



